Budget 2016

Il y a des besoins et des attentes que nous avons tous naturellement afin de bien vivre en ce monde: un toit, de la nourriture saine, le bonheur ainsi que la santé pour nous et notre planète.  Quelque chose d'aussi grand et complexe que le budget fédéral peut parfois cacher les manières dont le gouvernement tente de les combler. Tous comme les électeurs qui me l'ont souvent exprimé, j'avais également de grandes attentes face à ce budget qui devait supposément en être un de changements. Malheureusement, en dépit de leurs nobles promesses, j'estime que les libéraux ont manqué l'occasion d'offrir aux canadiens les véritables changements dans le budget Morneau. 

Un budget contenant les choix et les priorités d'un gouvernement, force nous a été de constater que les libéraux soutiennent encore les décisions économiques conservatrices plutôt que de tenir compte des besoins urgents et quotidiens de l'ensemble des canadiens. Alors que nos aînés méritent le respect et la générosité, les libéraux ont manqué à leur promesse d'investir dans les soins de santé, rien n'ayant été prévu pour les soins à domicile malgré une promesse de 3 milliards de dollars.  Même chose pour la promesse pourtant claire de rétablir la livraison du courrier à domicile, le budget ne mentionnant même pas l'organisation de Postes Canada! Que dire de positif aux facteurs de Val d'Or qui attendaient un système postal public renforcé et être rassurés quant à leurs emplois? 

Malgré les belles promesses faites pour le soutien à la jeunesse autochtone et les maigres 230 millions pour l'éducation et 130 millions pour leur bien-être (cette année seulement) qui sont prévus, on ne peut pas dire que ce budget soit à la hauteur si l'on tient compte en plus qu'aucune somme n'a été prévue pour les soins de santé, le "principe de Jordan" et le soutien en santé mentale. Tout le monde s'entend à dire que pendant des décennies, nos communautés ont été sous-financées, négligées et parfois même carrément oubliées et ce budget libéral est loin de prévoir ce qui serait nécessaire simplement pour combler les écarts accumulés, le soulèvement du plafond de 2% sur certains programmes et services aux autochtones étant nettement insuffisants. Je ne peux être autrement que très déçu qu'aucune somme n'ait été prévue pour la revitalisation des langues autochtones, et ce malgré mes entretiens personnels positifs avec la ministre des Affaires autochtones et la ministre du Patrimoine canadien qui ont démontrés une grande sensibilité face à cet enjeu important et actuel que constitue la protection de nos langues. 

Bien que je me réjouisse que des fonds aient été prévus pour le logement au Nunavik, il me faut encore une fois soulever avec regret que ces fonds constituent moins du quart de ce que ce territoire présente comme besoins réels à ce niveau, ce qui est encore nettement insuffisant pour aider ces collectivités à se doter de bases de vie et de développement fortes et concrètes tant pour les générations actuelles que futures. Il en va de même pour les fonds octroyés au programme Nutrition Nord qui souffre, lui aussi, d'un sous-financement grave et potentiellement très dangereux pour tous les habitants des communautés nordiques.

À l'instar de mes collègues néo-démocrates, je considère ce budget comme étant une masse flagrante de bris de promesses pourtant claires et récentes tout en étant passé à côté de maintes opportunités pour lutter contre les erreurs et inégalités créées par les gouvernements précédents, ces opportunités ayant pu prendre la forme de soutien aux études postsecondaires, élargir les programmes de formations, réparer les dommages causés au programme d'assurance-emploi si mal adapté à l'égard des travailleurs saisonniers et, bien sûr, pour faire une lutte réelle aux changements climatiques qui menacent notre planète entière et ses habitants. Au risque de me répéter, un budget est une question de choix et je suis loin de croire que les libéraux ont fait le choix d'aider réellement et significativement l'ensemble des canadiens dans des visions à moyen et long termes. 

Cependant, tout comme l'ensemble de mes collègues néo-démocrates, je suis plus que jamais déterminé à travailler pour réduire ces inégalités et pour continuer à défendre au quotidien les intérêts de tous les canadiens de la classe moyenne, ces gens qui travaillent plus fort que jamais et qui peine à voir la lumière au bout du tunnel. Ce budget ne répond malheureusement pas à nos valeurs, ce qui nous indique clairement qu'il reste encore beaucoup de travail à faire.